Ce que nous comptons, et depuis quand
Le carnet de bord de l'atelier existe depuis l'automne 1998, d'abord sur papier, puis sur un tableur tenu par Antoine Vincent. Chaque intervention y entre avec une date, une durée en heures, et un état final vérifié par la personne qui a réalisé le travail.
Trois mesures comptent : la durée d'intervention, l'écart entre le devis et le temps passé, et un indice de reprise sur cinq ans, qui compte les retours constatés pour une pièce donnée. Cela ne concerne que du mobilier libre, des rayonnages, des caisses, des cadres, plus la restauration de bois ancien, jamais de pose sur chantier.
Sur 412 interventions enregistrées entre janvier 2019 et décembre 2024, 338 ont été livrées dans la fourchette de temps annoncée, soit 82 pour cent ; la fourchette était de plus ou moins quinze pour cent du devis horaire, et le reste se répartit entre des dépassements liés à l'état du bois et des commandes modifiées en cours de route, deux causes très différentes qu'il ne faut pas confondre quand on lit la ligne du tableur.
Le compte ne porte que sur des pièces suivies jusqu'au bout.
Camille Lefebvre, au service client, rappelle qu'une commande annulée avant l'atelier ne compte ni comme réussite ni comme échec, ce qui exclut dix-sept dossiers de 2023 et fausse légèrement la lecture si on les oublie.
Le chantier de la rue Carreterie
En mars 2021, un particulier du quartier de la Carreterie, à Avignon, confie la restauration d'une commode en noyer du début du XIXe siècle, arrivée avec un piétement fendu, deux tiroirs bloqués et une ancienne réparation à la colle blanche mal posée.
Julie Fournier, aux travaux, mesure d'abord l'humidité du bois : 14,3 pour cent à la réception. Le travail dure onze jours ouvrés, pour un devis initial de neuf jours. Le dépassement vient du retrait des anciens placages, qui a pris quatre jours au lieu des deux prévus.
La commode est rendue le 19 mars 2021. Un contrôle à six mois, puis à trois ans, n'a montré aucun désassemblage des tenons refaits. La fissure du piétement, en revanche, reste visible sous la nouvelle finition : nous n'avons pas voulu masquer la trace, et le client était d'accord.
Ce type de résultat, propre sur la structure et incomplet sur l'aspect, se retrouve souvent en restauration, parce qu'on ne remet pas un meuble à neuf, on le rend utilisable, et cette nuance explique pourquoi certains clients repartent avec une pièce solide qui garde ses cicatrices visibles sous la main.
Le rayonnage de la bibliothèque de Montfavet
En septembre 2022, un rayonnage de huit mètres de long est livré pour une salle associative à Montfavet, près d'Avignon. Il s'agit de modules autoportants en chêne massif, hauteur 2,10 mètre, profondeur 32 centimètres, avec des équerres réglables tous les 9 centimètres.
La mesure retenue ici est la flèche des tablettes : l'affaissement au centre, en millimètres, sous une charge répartie de 28 kilogrammes par mètre. Sur les seize tablettes livrées, quatorze restaient sous les 1,5 millimètre après deux ans, une était à 1,8 millimètre, une autre avait été remplacée à la demande de l'usager, qui la jugeait trop souple.
Le montage a été assuré par l'association, sur place, avec notre notice.
Nous ne posons rien nous-mêmes, ni ici ni ailleurs. C'est une limite du métier, et elle explique qu'un défaut de calage nous échappe parfois.
Thomas Simon, au stock, a gardé les chutes de ce chantier pour un autre projet, ce qui a réduit la commande de bois de 0,4 mètre cube, sans que personne l'ait prévu au départ.
Ce qui a moins bien marché
Entre 2019 et 2021, neuf cadres dorés ont été traités avec un produit de finition fourni par un revendeur d'Avignon, à base de gomme laque modifiée. Quatre ont montré un blanchiment au bout de huit à quatorze mois, dans des pièces humides.
Nous avons repris ces quatre cadres sans facturer la main-d'œuvre, mais le produit, lui, a été perdu. Sur le même créneau, deux commandes de caisses en frêne ont été livrées en retard de trois semaines, à cause d'un séchage plus lent que prévu. Le client a accepté, mais nous avons noté la cause : le bois venait d'un lot différent de celui utilisé d'habitude, plus dense, mis en œuvre trop tôt.
Ces deux épisodes ont changé une chose : toute finition sensible est désormais testée sur une chute avant d'être appliquée, et un délai de séchage minimum de six semaines est imposé, quel que soit le fournisseur. Le résultat reste imparfait sur certains bois, et nous le disons avant le devis.
Un atelier qui annoncerait cent pour cent de réussite sur seize ans se tromperait sur lui-même.
Le cadre du suivi, et ses limites
Le suivi est assuré pour les pièces qui reviennent, pas pour celles qu'on ne revoit plus. Un meuble remis en bon état peut être revendu, déplacé, stocké dans un garage humide, et nous n'en saurons rien : la mesure existe donc avec une zone d'ombre qu'aucun atelier de cette taille ne peut lever, et nous préférons l'écrire plutôt que de laisser croire à un suivi complet.
Antoine Vincent relève chaque année, en janvier, les lignes du tableur. Les totaux de 2024 parlent de 71 interventions, dont 58 dans la fourchette, 9 en dépassement modéré et 4 ajournées pour cause de bois non conforme. Aucune ne concerne un véhicule, une installation électrique, un circuit frigorifique ou le bâti d'un immeuble : ce n'est pas notre domaine, et cela n'a jamais été proposé.
Pour toute question sur une pièce livrée, l'atelier répond au 04 90 29 05 33, du lundi au vendredi entre 9h00 et 18h00, le samedi jusqu'à 13h00. L'adresse reste le 107 quai Berthelot, 84000 Avignon, et le site panghub.digital.
Un résultat chiffré se lit toujours avec sa condition.