Le meuble qui ne rentre pas
Une restauratrice de la rue des Teinturiers est venue un mardi de février avec la photo d'une desserte héritée de sa grand-mère, démontée dans un garage de Montfavet depuis onze ans. Les pieds tournés étaient fendus sur environ vingt centimètres, la traverse manquait, et le tiroir avait perdu son fond. Elle est repartie avec trois tiroirs garnis en chêne massif, assemblés à queues d'aronde, plus une traverse taillée dans du vieux bois récupéré pour qu'aucune nuance ne trahisse la réparation.
Ce genre de dossier nous va. Le meuble est libre, il se déplace, il se porte à deux. On l'a livré le 4 avril à l'adresse indiquée, et Julie Fournier a fait le raccord de teinte sur place avant de partir. Il n'y a pas de secret là-dedans, seulement du temps et de la main.
Nous ne faisons pas de cuisine, pas de placard encastré, pas de dressing sous rampant. Rien qui touche la maçonnerie, rien qui demande de percer un mur porteur ou de reprendre une arrivée d'eau. Un appartement de la place de l'Horloge nous a été proposé en 2023 pour un ensemble de bibliothèques toute hauteur : nous avons refusé, parce que le chantier impliquait la dépose d'une cloison.
Les cartons d'un déménagement
Un couple installé vers la porte de la Ligne, arrivé de Lyon en septembre 2022, a apporté cinq caisses de bois blanc et de plaques en contreplaqué, avec l'idée de tout jeter. Rien n'était signé, rien ne valait grand-chose pris par pièce. Antoine Vincent a chiffré le tri, le nettoyage, le remontage de deux caissons et la mise en teinte d'un troisième. Le devis est parti le lendemain matin, 340 euros pour la remise en état complète, sans déplacement.
Ce qui les a décidés n'était pas le prix. C'était de repartir avec quelque chose d'utilisable plutôt qu'avec un tas de panneaux. Nous gardons des chutes de bois de récupération à l'atelier, en haut de l'étagère du fond, et il arrive qu'elles retrouvent une fonction dix ans plus tard.
Nous ne sommes pas un service de débarras, nous ne vidons pas les caves, nous ne transportons rien au-delà de ce qui tient dans une camionnette. Nous n'intervenons pas chez un particulier pour du montage de mobilier acheté en grande surface : trois personnes nous l'ont demandé en avril, nous avons chaque fois orienté ailleurs.
Les ateliers et les mairies
Une association patrimoine du quartier de la Barthelasse conserve des archives papier dans un local humide depuis les inondations de 2003. Elle voulait des boîtes de conservation sur mesure, aux dimensions de ses registres, avec un couvercle qui ferme sans forcer. Thomas Simon a relevé les cotes un jeudi, une trentaine de volumes entre 1812 et 1957, et l'atelier a livré cinq boîtes en carton de conservation doublé, plus deux casiers en peuplier brut pour les plus grands formats.
Nous ne traitons pas les moisissures, nous ne désinfectons pas, nous ne toucherons jamais un document qui demande une intervention biocide. La restauration du papier lui-même, les bains, les colles de conservation : ce n'est pas notre métier, et nous le disons avant le devis. Les dossiers de ce genre passent par des ateliers spécialisés, à Arles ou à Nîmes, et nous donnons volontiers l'orientation sans jamais facturer la recommandation.
Là où nous sommes à notre place, c'est sur l'enveloppe : le contenant, la boîte, l'étagère, le cadre. Une mairie de village du Gard nous a commandé en 2021 quatre-vingt-douze cadres en frêne pour une exposition sur les lavoirs, tous de format identique, tous livrés en trois semaines. Le travail était répétitif et c'est précisément ce qui a plu.
Ce que nous refusons sans discuter
Rien sur les véhicules, ni carrosserie, ni habillage intérieur, ni même un panneau de porte de camionnette. Rien sur l'électricité du bâtiment : pas de tableau, pas de prise, pas de luminaire à raccorder. Rien sur le froid : ni chambre froide, ni vitrine réfrigérée, ni meuble de bar à bière. Rien de fixe dans le bâti, ni escalier, ni garde-corps, ni fenêtre, ni volet.
Nous n'appliquons ni produit phytosanitaire ni biocide, et nous ne faisons aucune intervention de traitement contre les insectes du bois. Un client de Villeneuve-lès-Avignon nous a appelés en juin pour des vrillettes dans des solives : nous avons expliqué que cela relevait d'une entreprise spécialisée, et nous n'avons pas donné suite.
Si votre demande relève du médical, du juridique, du financier ou de la formation, elle n'a rien à faire ici. Nous sommes une SARL de menuiserie, active depuis 1998, joignable du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00 et le samedi de 9h00 à 13h00, au 04 90 29 05 33. Une porte cochère du cours Jean-Jaurès nous a été signalée en 2022 : nous l'avons refusée, elle touchait à la structure.