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Comment nous travaillons : de la commande au compte rendu

Le travail du bois se conduit à l'atelier, mais une bonne part de notre temps passe à vérifier ce qu'on nous raconte. Voici le trajet d'une demande, d'un signalement ou d'une pièce ancienne, sans rien enjoliver.

L'atelier du quai Berthelot

Nous sommes installés au 107 quai Berthelot, à Avignon, depuis 1998, dans un local qui donne sur le Rhône à quelques dizaines de mètres du pont Daladier, et dont l'air reste humide en janvier, ce qui compte pour le séchage lent des plateaux de noyer entreposés sur chantier. Panghub SARL emploie cinq personnes. Chacune tient un rôle précis : Camille Lefebvre reçoit les demandes, Antoine Vincent tient l'administration, Thomas Simon gère le stock, Julie Fournier travaille le bois. Les meubles partent ensuite en camionnette vers la Barthelasse, Montfavet, la rue des Teinturiers, parfois plus loin vers Villeneuve-lès-Avignon.

Le premier rendez-vous dure environ quarante minutes.

On regarde, on mesure, on soulève, et Julie Fournier note l'essence du bois, la présence de vrillettes, les anciennes réparations au clou ou à la colle blanche, en sachant que nous ne touchons ni au réseau électrique, ni à un circuit de froid, ni aux véhicules, ni à la maçonnerie d'un immeuble : si le travail relève d'un autre métier, nous le disons clairement et nous passons à autre chose sans chercher à retenir le client.

Une demande arrive rarement par hasard. Elle vient d'un voisin, d'un restaurateur des Halles, d'un conservateur du musée Calvet ou d'un particulier qui a hérité d'un meuble bancal. Nous demandons toujours une photographie nette, les dimensions en centimètres et l'endroit exact où la pièce se trouve. Sans ces trois éléments, nous ne nous déplaçons pas, ce qui évite des visites inutiles et des devis bâtis sur des suppositions fragiles.

L'atelier du quai Berthelot

Vérifier avant de scier

Chaque devis repose sur des faits plutôt que sur une impression, et pour un meuble ancien nous cherchons des traces de fabrication tangibles : marques d'outils à main, queues d'aronde irrégulières, patine accumulée dans les angles, autant d'indices qu'une commode achetée aux puces de la place Pie peut contredire si elle s'avère être un meuble de style tardif, ce qui change évidemment la manière de l'aborder. Nous n'inventons jamais une provenance, jamais une essence, jamais une époque.

Les chiffres sont donnés en euros, détaillés poste par poste. Un placard en chêne massif de 120 centimètres de large, livré et posé en 2023 dans un appartement de la rue Joseph Vernet, représentait par exemple un travail de quatre jours à l'atelier. Nous ne promettons ni délai garanti ni résultat identique d'une pièce à l'autre : le bois vit, il bouge, il garde la mémoire de son humidité. Une planche mal séchée peut ruiner six semaines de travail, et c'est précisément pour cela que Thomas Simon contrôle les planches à leur arrivée, note le taux d'humidité et écarte sans hésiter celles qui présentent des fentes traversantes.

Quand une information nous paraît douteuse, nous la traitons comme un signalement. Un client nous affirme qu'un meuble date de 1780 ; nous cherchons des éléments vérifiables, et s'il n'y en a pas, nous écrivons noir sur blanc que la datation reste incertaine.

Cette prudence vaut aussi pour les prix du marché de l'occasion, que nous ne connaissons pas mieux qu'un brocanteur du cours Jean Jaurès.

Corrections et signalements

Personne n'est à l'abri d'une erreur, et la nôtre consiste parfois à mal évaluer un assemblage, ce qui nous oblige à revenir voir la pièce quand un client nous signale un défaut, puis à effectuer la réparation à l'atelier, sans facturation si le défaut vient de notre main, en consignant chaque correction dans un cahier à spirale conservé quai Berthelot avec la date, le nom du client et la nature du problème.

Un signalement extérieur suit un autre chemin. Si quelqu'un nous écrit à [email protected] pour dénoncer une pratique douteuse dans le commerce de l'ancien, nous ne relayons pas l'information telle quelle. Nous cherchons des pièces : une facture, une photographie datée, un témoignage recoupé. Sans ces éléments, le signalement reste classé, et nous le disons à la personne qui l'a transmis. Nous ne sommes ni journalistes, ni enquêteurs, ni autorité de contrôle.

Notre site, panghub.digital, publie aussi des notes sur la culture et le patrimoine local, et un article paru en mars sur la restauration des portes de la cathédrale Notre-Dame des Doms a demandé trois semaines de recherches aux archives départementales de Vaucluse, avec des documents cités, des zones d'ombre signalées et une correction publiée en bas d'article qui indique ce qui a changé et à quelle date, sans effacer la version précédente.

Nous ne garantissons ni admission, ni revenu, ni placement, et nous ne délivrons aucun conseil médical, juridique, financier ou scolaire.

Notre métier est le bois : meubles libres, rayonnages, boîtes et cadres, restauration d'ancien. Le reste appartient à d'autres. Vous pouvez nous joindre du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00, au 04 90 29 05 33 ; le dimanche, l'atelier reste fermé et le téléphone sonne dans le vide.

  1. L'atelier du quai Berthelot Nous sommes installés au 107 quai Berthelot, à Avignon, depuis 1998, dans un local qui donne sur le Rhône à quelques dizaines de mètres du pont Daladier, et dont l'air reste humide en janvier, ce qui compte pour le séchage lent des plateaux de noyer entreposés sur chantier. Panghub SARL emploie cinq personnes. Chacune tient un rôle précis : Camille Lefebvre reçoit les demandes, Antoine Vincent tient l'administration, Thomas Simon gère le stock, Julie Fournier travaille le bois. Les meubles partent ensuite en camionnette vers la Barthelasse, Montfavet, la rue des Teinturiers, parfois plus loin vers Villeneuve-lès-Avignon.
  2. Vérifier avant de scier Chaque devis repose sur des faits plutôt que sur une impression, et pour un meuble ancien nous cherchons des traces de fabrication tangibles : marques d'outils à main, queues d'aronde irrégulières, patine accumulée dans les angles, autant d'indices qu'une commode achetée aux puces de la place Pie peut contredire si elle s'avère être un meuble de style tardif, ce qui change évidemment la manière de l'aborder. Nous n'inventons jamais une provenance, jamais une essence, jamais une époque.
  3. Corrections et signalements Personne n'est à l'abri d'une erreur, et la nôtre consiste parfois à mal évaluer un assemblage, ce qui nous oblige à revenir voir la pièce quand un client nous signale un défaut, puis à effectuer la réparation à l'atelier, sans facturation si le défaut vient de notre main, en consignant chaque correction dans un cahier à spirale conservé quai Berthelot avec la date, le nom du client et la nature du problème.