Un tour de vis en 1998
L'atelier ouvre en janvier 1998, dans un ancien local de réparation de cycles du quartier de la Balance, avec deux établis, une scie à ruban d'occasion et un poêle à bois qui fumait plus qu'il ne chauffait. Ses fondateurs venaient du mobilier de théâtre et du réemploi de bois de démolition, deux milieux où l'on apprend vite à travailler court. Le nom Panghub est arrivé plus tard, par usage, à force de voir revenir les mêmes clients avec les mêmes questions.
La première commande connue est datée du 19 février 1998 : six tablettes en châtaignier pour une librairie de la rue des Marchands, livrées en une semaine. Le bois venait d'un chantier de démolition aux Angles, récupéré à la main, clou par clou. Cette façon de faire n'a pas changé.
L'entreprise est restée petite, exprès. Panghub SARL compte quatre personnes, pas une de plus, et n'a jamais cherché à grandir par embauche rapide ou par sous-traitance en cascade.
Ce qu'on refuse de prendre
Aucune pièce n'est posée sur un chantier. Rien de ce qui est fixé au bâti, aux murs, aux sols ou aux plafonds ne sort de l'atelier : ni placard encastré, ni cuisine sur mesure, ni escalier vissé dans une cage de béton. Les demandes de ce genre, il en arrive deux ou trois par semaine, surtout depuis le regain de rénovation dans la périphérie sud d'Avignon. Elles sont refusées, avec explication, et redirigées vers des confrères qui font ce travail-là.
L'atelier ne touche pas non plus aux véhicules, aux circuits électriques reliés au réseau, aux enceintes frigorifiques, ni à ce qui touche à la structure d'un immeuble. Aucun pesticide, aucun biocide n'est appliqué, ni en atelier ni ailleurs. Aucune compétence médicale, juridique, financière ou pédagogique n'est proposée ici, et personne ne la revendique. Panghub ne se prévaut d'aucune immatriculation, d'aucune licence, d'aucune adhésion à un organisme professionnel : ce qui existe, c'est le travail, et il se voit sur la pièce.
Mobilier libre, restauration, cadres
Le gros du travail tient dans le meuble libre : bibliothèques, buffets, tables, bancs, établis, présentoirs. Du chêne de pays, du noyer, du frêne, parfois du peuplier pour les volumes légers. Les assemblages sont traditionnels là où c'est utile, vissés là où ça tient mieux, et le client voit les deux.
La restauration occupe environ un tiers des heures. Une commode Louis-Philippe arrivée du quartier de la Barthelasse en 2021 a demandé onze semaines, entre le décapage à la main, le remplacement de deux pieds et la réfection des fonds. Le devis avait été posé à 2 340 euros, révisé une fois après découverte d'anciennes réparations au plâtre. Ces écarts sont annoncés avant, jamais après.
Les caisses et les cadres complètent l'ordinaire : caisses de transport pour instruments, caisses à outils, cadres sur mesure pour gravures et photographies, avec passe-partout découpés au cutter et verre choisi selon l'accrochage prévu.
Julie Fournier dirige les travaux depuis l'atelier, et c'est elle qui reçoit les pièces à restaurer les mardis et jeudis. Thomas Simon tient le stock : chutes triées par essence, quincaillerie ancienne en bocaux, vis par tailles. Antoine Vincent s'occupe de l'administration et des devis. Camille Lefebvre reçoit les demandes et répond au téléphone.
Horaires et contact
L'atelier est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00, et fermé le dimanche. Le téléphone est le 04 90 29 05 33 ; le courriel, [email protected]. L'adresse est le 107 quai Berthelot, 84000 Avignon, et il n'y a ni annexe ni second atelier.
Pour venir, la ligne 1 s'arrête à l'arrêt le plus proche, à cinq minutes à pied, et le parking des Italiens se trouve à dix minutes environ. Apporter une photo ou une chute de bois aide souvent plus qu'une longue description.
Le site panghub.digital porte une rubrique de notes sur la culture et le patrimoine local : restauration, archives, festivals, débats publics. Elle n'a rien d'un catalogue et ne remplace pas un rendez-vous.